VARIEGATED

Sico Carlier






press release

Sico Carlier’s recent works for this exhibition employ folding found footage, fabricated variegated glimmering forms mounted to an added surface perception, non-figurative and pattern rendered. Towards the East – Carlier’s work seeks to carve out a profound relation with the surface. Towards the West – he attempts to relate to a stylised and controlled treatment of nature by incorporating the stunning "green wall", which visually is an intregal part of the exhibition space. This baroque wall dates back to 1898, when the building that houses the gallery was constructed.

Aiming towards a more distinct and layered understanding of Asian and Chinese Art, Carlier drew inspiration from the work of Victor Segalen (1878-1919). [In his writing Segalen used a vast range of Chinese sources and contexts, exploring themes of friendship, love, desire, gender roles, violence, otherness and selfhood while resolutely shunning away from exoticism, the result being a linguistically and culturally hybrid modernist poetics that is often ironic and at times haunting]. Hereby he consciously takes into account an original endeavour from David Medalla: "Stèles-Hommage à Viktor Segalen", performed at Galerie Alain Gutharc in Paris (1996) which marked the first meeting of Sico Carlier, David Medalla and Adam Nankervis.


[Stèles set North]
Mirrors

Ts’aï-yu regarded himself in the polished silver to straighten his black head-bands and the pearls on them.
If the red seems too pale for his eyes, or the white oil too shiny on his cheeks, the mirror, with a smile, warns him.
The Minister admires his place in history, translucent vase where all things come to be made clear: army campaigns, sayings of Sages, disorders in the stars.
The reflection he gets back directs his conduct.

*

I have neither head-bands nor pearls, no deeds to accomplish. To rhythm my peculiar life, I look at my reflection in my ordinary friend.
His face – better than silver or old sagas – teaches me my today’s truth.

from: Stèles by Victor Segalen, translation by Andrew Harvey and Ian Watson.





communiqué de presse

À l’occasion des foires d’art contemporain Art Brussels 2017 et Independent Brussels, la galerie Wei Asian Arts présentera des œuvres de Sico Carlier en même temps qu’une collection d’antiquités chinoises, miroirs en bronze et autres « pierres de rêve », ces paysages naturels évoquant les peintures des lettrés chinois. Cette juxtaposition produira un effet miroir, l’ancien et le contemporain s’éclairant de reflets réciproques.

Dans ses œuvres récentes, Sico Carlier procède à un pliage de pellicules photographiques usées et produit des structures polymorphes, chatoyantes, qui viennent ajouter une surface supplémentaire où le motif remplace la figuration. Côté Est : le travail de Sico Carlier s’efforce d’établir avec la surface une relation en profondeur. Côté Ouest : l’artiste traite la nature de manière stylisée, contrôlée, en incorporant à son travail un étonnant « mur vert » qui, sur le plan visuel, fait partie intégrante de l’espace d’exposition. Ce mur insolite date de 1898, date de construction du bâtiment qui abrite la galerie.

Pour appréhender l’art asiatique et chinois de manière plus fine et plus complète, Sico Carlier a puisé son inspiration dans l’œuvre de Victor Segalen (1878-1919). Dans ses écrits, Segalen parcourt une large gamme de sources et de contextes chinois, explorant des thèmes tels que l’amitié, l’amour, le désir, les rôles assignés aux genres, l’altérité et l’individualité, non sans tourner résolument le dos à toute forme d’exotisme. Il en résulte une poétique moderniste hybride, tant au plan culturel qu’au plan linguistique, souvent ironique et parfois obsédante.) L’artiste convoque ainsi une proposition originale de David Medalla, Stèles : hommage à Victor Segalen, présentée en 1996 à la Galerie Alain Gutharc (Paris), qui a marqué la rencontre entre Sico Carlier, David Medalla et Adam Nankervis.


[Stèles face au nord]
Miroirs

Ts’aï-yu se mire dans l’argent poli afin d’ajuster ses bandeaux noirs et les perles sur ses bandeaux.
Ou si le rouge est trop pâle aux yeux, ou l’huile blanche trop luisante aux joues, le miroir, avec un sourire, l’avertit.
Le Conseiller s’admire dans l’histoire, vaste lucide où tout vient s’éclairer : marches des armées, paroles des Sages, troubles des constellations.
Le reflet qu’il en reçoit ordonne sa conduite.

*

Je n’ai point des bandeaux ni perles, et pas d’exploits à accomplir. Pour régler ma vie singulière, je me contemple seul en mon ami quotidien.
Son visage, – mieux qu’argent ou récits antiques, – m’apprend ma vertu d’aujourd’hui.